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Les révoltes de 1675 Version imprimable
Écrit par Web Master   
24-11-2006
Les violences qui embrasent la Cornouaille à partir du mois de juin gagnent progressivement le POHER à partir de Gourin, les 29 et 30 juin, puis Carhaix, une semaine plus tard. Le 11 juillet, le tocsin sonne en l’église paroissiale de PLUSQUELLEC, appelant à un rassemblement en vue, non pas d’attaquer les manoirs seigneuriaux de la paroisse, tous épargnés, mais de rejoindre les mécontents du prieuré de LANDUGEN en DUAULT, parmi lesquels les habitants de Plusquellec comptent de nombreux parents.

Les domaniers de LANDUGEN sont également  vassaux de l’Abbaye de Sainte-Croix de QUIMPERLE, mais c’est contre le prieur qu’ils sont révoltés. Il leur impose des dîmes et redevances jugées exorbitantes, et le bruit court qu’il a obtenu la gabelle dans onze paroisses, ce qui concerne les paroissiens de PLUSQUELLEC.

La foule des émeutiers arrive au bourg de DUAULT aux environs de midi, emmenés par Jacob LENCOT qui s’est proclamé leur capitaine, et par Marguerite QUENECHDU sa femme, originaire du village de Coatleau en PLUSQUELLEC. Le prieur Claude Budes n’habite pas le manoir prioral, près de l’église de LANDUGEN, il est aussi recteur de DUAULT et réside au presbytère. Le manoir presbytoral est mis à sac de fond en comble ; de tout l’ameublement, il ne restera que quelques gros meubles brisés à coups de hache.

Claude Budes obtiendra, en 1678, d’être dédommagé par les auteurs et les participants de sédition et du pillage, condamnés solidairement à lui verser 25 000 livres. La liste finale et nominative compte soixante habitants du prieuré, trente-six de PLUSQUELLEC, et non des moindres : Ecuyer Pierre de GOURVININEC, sieur de Kerhuellanff, Maître Jean LE PARCHEMINER, notaire, le plus jeune fils de Jean LE PARCHEMINER, Maître Jean de la ROCHEHUON, notaire, Raoul MADEC et son valet ; d’autres reconnus et nommément cités par les témoins n’ont pas été poursuivis, tels jean et François PERENNES, Jean QUENECHDU, le frère du curé, le sieur de COMMANA, beau-frère de Jean de la ROCHEHUON ou François CHAMPAIGNE.

Dans la paroisse de PLUSQUELLEC, aucun manoir, aucun lieu noble n’a été saccagé. Les fureurs paysannes ont épargné l’importante seigneurie de Coatleau, alors que les praticiens, prêtres, domaniers en dépendant ont participé à l’attaque du presbytère de DUAULT. Ils forment un de ces groupes sociaux «les membres sont unis par des relations mutuelles de protection et de service, une division verticale de la société, plus importante que la stratification horizontale». C'est l'analyse proposé par Roland MOUSNIER pour qui les relations entre nobles et paysans dans ces années de troubles ne sont pas uniformément conflictuelles.

En 1693, le notaire Jan de la ROCHEHUON, les ménagers Sébastien et Morice QUENECHDU cautionneront la dame de Coatleau, Marie du PONTHO, menacée d’expulsion.

 
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